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lundi 5 janvier 2009

La randonnée de l'année

Comme ça vous avez eu froid récemment?
Je pensais sincèrement, en bon Montréalo-centriste, que -15C en ville, avec un peu de vent et beaucoup d'humidité, c'était le summum du froid Sibérien. Ben non les amis, plus froid que ça, ça se peut. Nous avons encore eu un matin à -29 récemment: le 2 janvier. L'air a beau être sec, c'est frette en c...

J'ai tout de même été chanceux. Pourquoi? Ben voyez-vous, c'est que pour la veillée du jour de l'an, j'ai été invité à l'auberge de jeunesse rustique où j'avais passé une soirée mémorable quelques jours après mon arrivée à Jasper. Oui oui, la place avec un sona dans une tente sous le ciel étoilé. L'entourloupe (pour ne pas dire la crosse), c'est que la route qui s'y rend est fermée l'hiver. Donc, pour y aller, il faut le faire à l'huile de genoux, sur la route enneigée, en montant et le tout sur une distance de 12km. Yé.
Cette randonnée était à mon agenda depuis plus d'un mois et pas une fois je n'avais angoissé à l'idée de monter à pied. L'être humain moyen marchant à une vitesse de moyenne 5 km/h, je prévoyais que trois heures seraient amplement suffisantes pour nous rendre. C'était sans compter la fatigue, due au fait que trois des quatres randonneurs que nous étions avions travaillé toute la journée, sans compter notre manque d'expérience en skis de fond (ben oui on a loué des skis finalement), sans compter que ma lampe frontale manquait de pile, sans compter la pièce manquante sur la ceinture de mon sac à dos qui causait une surcharge de poids mes épaules. Des erreurs de peewee me direz vous? Vous avez un peu raison.

En plein-air, on apprend vite. Quand t'es dans le noir, sur une route où, plus tôt, un autre a aperçu «a big black wolfe, right there», que tes amis, plus rapides, ont tourné le prochain virage et que l'éclat de leur lampes est bel et bien disparu, tu te sens un peu comme le wapiti faible, qui peine à suivre le troupeau, mais que les prédateurs ont aucune peine à suivre.

Bref, partis de du stationnement vers 18h, nous avons rejoint le party vers 22h45 (on a tout de même pris quelques pauses). J'étais en nage, tu penses, je m'étais habillé comme si j'allais avoir froid, moi, Misteur Sueur en personne avec son gros manteau d'hiver, la langue aux genoux...

Douze autres personnes avaient fait la route devant nous et nous fîmes donc la fête avec eux jusqu'aux petites heures du matin. Endorphine naturelle, Guru (pour contrer la fatigue) et vodka (pour la douleur) autour du feu. J'avais reçu mes Sorel à temps, (merci maman, papa, mon oncle, ma tante et mon grand papa pour la boîte et son contenu) j'ai passé la soirée les pieds au chaud.

Toujours est-il qu'on a dormi dans un des dortoirs, chauffé au poêle à bois (note à moi même: si tu vas faire pipi dans la nuit glacée, ajoute une bûche dans le feu en revenant. Sinon y va faire frette le matin).

Nous sommes repartis en début d'après-midi le premier janvier, par une belle journée pas trop froide. Mon ami qui habite là-bas m'a offert de rester un jour de plus et j'ai bien fait de refuser parce que je n'aurais pas apprécié de faire la descente à -29C.

C'est ce que j'ai fait cette année pour le jour de l'an. Paraîtrait que j'ai manqué une BELLE soirée sur la rue Cassegrain ce soir là. Paraîtrait même que, pour une fois, tout le monde s'est couché tard. Reposez-vous cet hiver car, à mon retour, je ne vous laisserai pas aller vous coucher tôt.

Encore une fois: Bonne annnée tout le monde.






samedi 13 décembre 2008

Ski compte c'est l'essentiel


J'ai enfin sorti mon appareil photographique pour vous montrer ce qu'on voit en descendant de la remontée mécanique qui mène à mi-pente. La semaine prochaine, je vous ferai voir la vue du haut de la montagne.

Ces photographies ont été prises jeudi matin, alors que j'avais enfilé mes skis pour pour la première fois de la semaine. J'ai profité de cette jolie journée ensoleillée et fraîche (-5 à -10) pour gratter les traces des dameuses, ce velours côtelé que revêtent les pistes de ski alpin quand on les parcourt tôt le matin.
La neige, tombée pendant la fin de semaine précédente, avait amélioré l'état des pistes, mais elle n'était pas suffisante pour rendre la journée particulièrement excitante. J'ai quand même skié cinq ou six heures avant de décider de rentrer à la maison. J'ai partagé, à l'allée et au retour, la voiture (une Civic 95 qui a traversé le pays (comme quoi c'est possible)) d'un de mes partenaires de ski pour la journée, des Chicoutimiens d'origine. Merci les gars.
La journée de jeudi était charmante avec son petit soleil matinal qui est vite allé se cacher derrière la montagne. Je vous rappelle qu'on est à moins de dix jours du solstice et que la latitude (52° 52′N) ici est supérieure à celle de Sept-îles (50° 12′N). Le soleil s'est levé cette semaine vers 9h, pour se coucher vers 16h30. Oubliez la notion d'horizon quand vous êtes sur le versant Est d'une montagne... Du soleil, y'en a pu, dès le milieu de l'après-midi.
Jeudi, avant même que l'astre divin se cache derrière le sommet de Marmot Basin, une épaisse couche de nuages est venue prendre sa place dans le ciel bleu. Sans que je ne le sache, le tapis gris au dessus de ma têtes allait nous donner une des plus belles journées de ski de la saison.
C'est vendredi que ça c'est passé. J'ai retrouvé mon pote Matt dans la navette de 8h30, qui nous dépose au pied des pistes quelques minutes avant l'ouverture des chaises volantes. La neige avait déjà commencé à tomber assez fort. Les pistes encore damnées étaient recouvertes de quelques centimètres de poudreuse. Ce n'était que le début et c'était déjà le bonheur. Le ciel nous a offert une journée entière de tempête: 20 cm d'une neige fine et légère qui nous est tombée dessus à l'horizontal. Toute une journée dans la poudreuse, à fendre les accumulations en sentant la neige revoler sur mes genoux. J'ai fait plusieurs descentes à partir du sommet, lui aussi couvert en partie d'un tapis blanc, alors que la veille, il fallait y éviter les cailloux. Le fameux bol, que j'avais tant envie de dévaler n'a pas été facile à vaincre. La peur et la prudence m'ont souvent ralentis, mais ne m'ont pas arrêtés. ET J'AI PAS TOMBÉ. Même si je n'avais vraiment skié dans la poudreuse. Pas facile.
Jamais je n'ai eu autant de plaisir en ski. Toute la journée, je piaffais d'impatience, à la sortie du télésiège, en attendant mes partenaires en planche qui attachaient leurs fixations. À la fin de la journée, malgré la douleur au niveau de mes cuisses, je retournais sur les pistes à la recherche d'un bout de de neige sur lequel personne n'avait encore laissé sa trace.

Je me suis couché avant 10h vendredi soir. Crevé, endolori, saoulé par le vent, hypnotisé par les flocons, vaincu par la fatigue.